Samedi 11 décembre 2010
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Cela fait maintenant plus d'une semaine que la nouvelle est tombée. Après le départ de Serge Teyssot-Gay le lundi 29 novembre, pour cause de "désaccords émotionnels, humains et musicaux avec
Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d'indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années" ce fut au tour de Denis Barthes de quitter le navire le lendemain,
annonçant ainsi la séparation officielle du groupe, d'un commun accord avec Jean-Paul Roy et Bertrand Cantat. D'un claquement de doigt Noir Désir, le groupe qui a fait vibrer la France dans les
années 90, a éclaté. Je ne sais franchement que dire de plus. Il est clair que c'est davantage à cause du "sentiment d'indécence qui caractérise la situation du groupe" que des
"désaccords musicaux" que c'est arrivé.
Tout ça pourquoi ? Parce que des crapules, des vauriens, des arracheurs de dents, des vipères, des vautours, des harceleurs, des conspirateurs, des êtres sans cervelle et sans coeur obstinés et
obstus, des pseudo-moralistes, des bourreaux, des sectaires inhumains ont cru avoir le droit - et de façon légitime qui plus est - et le devoir de juger un être humain de par des méthodes
douteuses, s'autorisant à remettre sans cesse en cause la justice (qui, il faut le rappeler, est constituée par les représentants politiques élus par la population) en invoquant leur propre
vision de la justice ; une vision extrémiste, sadique, malsaine, déloyale, inapropriée, inégale et absurde. Eh oui, c'est bien beau de dire que Bertrand Cantat a eu une peine "privilégiée" (la
bonne blague) grâce à sa célébrité, mais pour rester crédible il ne faut pas omettre qu'un tel acharnement médiatique est dû à sa célèbrité et à celle de Marie Trintignant et que - c'est
malheureux à dire - s'ils n'étaient pas tous deux célèbres, vous vous foutriez d'eux comme de votre premier poil pubien ! Quid des femmes battus en France ? En connaissez-vous beaucoup
personnellement ? Avez-vous déjà eu affaire à leur compagnon ? Qu'à cela ne tienne, Bertrand Cantat les représente ! Vous vous acharnez sur lui, usant tous les médias qui soient afin de répéter
ce que d'autres ont dit avant vous. Dès que son nom résonne dans l'assistance, vous répondez tous présent. Pourtant, dès qu'il s'agit de défendre les femmes battues par le biais d'associations ou
ne serait-ce qu'en parler de manière bien plus ouverte sur un forum consacré, il n'y a plus personne. "Il" est la cause de tous vos maux ; c'est de sa faute si vous vous brûlez avec votre
grille-pain, si votre auto-radio ne marche plus, si vous êtes coincés dans les embouteillages, si vos collègues de travail vous font chier ou pire, si vous êtes au chômage, si votre femme vous
quitte, si TF1 vous avertit d'éventuelles menaces terroristes, si vous êtes insomniaque et impuissant ! Gare à celui qui ose prononcer son nom... Il vous faut une bête à abattre, une corida
sanglante où il faut toujours plus de spectacle, de violence et de haine. Nous voilà revenus à l'époque pas si lointaine des mises à mort qui jonchent notre quotidien. Sortez les cheveaux, la
roue, la guillotine et la chaise électrique ! Chantons en choeur "Maréchal nous voilà" et redonnons ses lettres de noblesse à l'occupation ! Quelle
régression ! Et moi qui croyais vivre au 21ème siècle...
Car Bertrand Cantat a quelque chose qui vous fait cruellement défaut et dont il fait preuve au quotidien, contrairement à ce ramassis de déchets mensongers dont vous faites constamment étalage :
de la dignité. Il va falloir se rentrer ça dans le crâne ; à aucun moment le chanteur de Noir Désir ne s'est dérobé, il a toujours assumé ses actes quoi qu'il arrive, a tenu une conduite
exemplaire depuis son jugement et ne s'est plus jamais exprimé en public sur le drame qui a ruiné sa vie - point sur lequel vous ressassez régulièrement que Marie Trintignant, elle, n'a plus de
vie, histoire d'enfoncer la plaie grande ouverte, et désormais dès qu'il arrive quelque chose à son entourage, comme le suicide de sa femme en début d'année, on élargit la plaie ; on frôle
l'hémorragie. Chose que vous ignorez probablement, c'est que Cantat doit endurer chaque jour non seulement le poids des critiques mais aussi celui de la culpabilité, chose que ne ressentirait pas
l'"assassin" dont vous dressez le portrait. Eh oui, son emprisonnement n'a pas duré "que" quatre ans, il durera toute sa vie... Et malgré tout vous la ramenez. C'est réupgnant.
Voilà donc que par votre faute, un groupe de musique s'est déchiré en mille morceaux. Tant de choses construites pendant plus de deux décennies détruites en quelques années par la main de
l'Homme. Que vous haissiez l'homme c'est une chose, mais vous n'aviez pas le droit de détruire l'artiste sous prétexte de vous faire bonne conscience. Je tiens à préciser que s'ils l'ont toujours
soutenu, Serge Teyssot-Gay, Denis Barthes et Jean-Paul Roy n'avaient, n'ont et n'auront jamais rien à voir avec ce drame. Et par votre faute, l'icone de toute un génération vient de sombrer dans
le chaos.
Toutes mes paroles sont sincères et j'ai fait beaucoup d'efforts pour rester correct. Une avant-dernière précision s'impose : ce n'est pas parce que je suis fan du groupe que je tiens ces propos.
Simplement, je suis humain. On m'a dit un jour quelque chose que je n'oublierai jamais : "La prison, c'est fait pour donner une seconde chance à quelqu'un. S'il ne peut pas réintégrer la société
par la suite alors à quoi bon l'emprisonner ? Autant l'assassiner." Bien évidemment, la tournure était différente, mais dans l'idée c'est bien cela.
Pour finir, je précise avant qu'on ne me retourne mes arguments à la gueule que j'ai énormément de respect pour Marie Trintignant et la plupart de son entourage et que, bien-sûr, je n'approuve
pas du tout le fait de porter la main sur sa compagne. Je fais juste la part des choses.
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